Terre d'histoire posée au coeur de la Méditerranée, longtemps tiraillée entre l'Afrique et l'Europe, l'île de Malte revient sur le devant de la scène.
Malte compte autant d'églises que de jours dans l'année et le nombre de fêtes célébrées ne doit pas être très éloigné de ce chiffre si on additionne les fêtes du calendrier chrétien, la myriade de saints patrons qui veille sur le moindre bourg, les dates officielles, celles commémoratives et moult événements sportifs ou culturels.
La " festa " est devenu un art de vivre. Entre fin mai et septembre, pas un dimanche de libre ! Il paraît même que certains habitants ont depuis acquis le don d'ubiquité afin de pouvoir suivre toutes les fêtes qui se déroulent en même temps.
Le choix est vaste, certes, mais le déroulement souvent identique. La journée commence toujours par une messe et se termine par une procession rythmée par les orchestres, les pétards et les feux d'artifice. Le tout sur fond d'églises décorées, de maisons pavoisées et de foule bigarrée.
L'origine des festi remonterait au temps des chevaliers. Si le carnaval est autorisé dès 1535, les premières fêtes apparaissent vers le XVIIe siècle après que la Méditerranée soit pacifiée. Les fêtes sont alors organisées par le chevalier ou le riche propriétaire du village. Une concurrence s'installe rapidement avec les villages voisins. Il faut faire toujours plus beau, plus fort, plus grandiose. C'est ainsi qu'apparaissent en 1738 les premiers feux d'artifice.
Outre Rabat qui célèbre la moindre date concernant saint Paul (conversion le dernier dimanche de janvier, le naufrage le 10 février, fête de saint Pierre et saint Paul le 29 juin, saint Paul le 1er dimanche de juillet…), bien d'autres fêtes sont devenues fameuses dans l'île. Lors de la Semaine Sainte, la ville de Zebbug est connue pour sa reconstitution de la Cène grandeur nature et en pâte à pain !
Le Vendredi Saint, les processions de pénitents de La Valette, Msida, Cospicua et Vittoriosa sont impressionnantes.
En juin, l'Imnarja, qui se déroule dans les jardins de Buskett, est très prisée des Maltais tout comme les courses de chevaux de Rabat et la célébration de Notre-Dame de la Victoire à La Valette le 8 septembre.
Calendrier fetes Malte :
10 février : naufrage de saint paul ( Jum in-Nawfragju ta' San Pawl )
19 mars : Fête de Saint-Joseph ( Jum San Guzepp )
31 mars : Jour de la liberté ( Jum il-Helsien )
14 avril : Vendredi saint ( Il-Gimgha l-Kbira )
1er mai : Fête du Travail ( Jum il-Haddiem )
7 juin : Fête du 7 juin (Is-Sette Giugno )
29 juin : Fête de Saint-Pierre et Saint-Paul (Il-Festa ta' San Pietru u San Pawl )
15 août : Assomption ( Il-Festa ta' Santa Marija Assunta )
8 septembre : Fête de Notre-Dame-des-Victoires ( Jum il-Vittorja )
21 septembre : Fête nationale ( Jum l-Indipendenza )
8 décembre : Fête de l'Immaculée conception ( Il-Festa ta' l-Immakulata Kuncizzjoni )
13 décembre : Jour de la République ( Jum ir-Repubblika )
25 décembre : Jour de Noël ( Jum il-Milied )
De juin à septembre tous les dimanches "les Festi" ( feu d'artifice le samedi soir )
Falaises escarpées, mer bleue transparente et chaude, criques quasi désertes et vue magnifique sur les îles de Comino et de Gozo font rapidement oublier les passages un peu techniques.
La plus belle plage et sans doute la plus accessible est celle de Ghajn Tuffieha bay. A moins que n'ayez le temps de faire la traversée en ferry jusqu'à Comino et de piquer une tête dans les eaux limpides du Lagon Bleu. Une bonne journée est à prévoir, un délai somme toute assez court pour se croire sous les Tropiques.
Avant de revenir sur La Valette, ne pas oublier de faire un détour à Anchor Bay. C'est là, nichée dans un repli de la côte, qu'une poignée de maisons couleurs pastel et toute de guingois servi de décor au film de Popeye avec Robin Williams. La visite de l'endroit permettra au cinéphile averti de parfaire ses connaissances. Devinette : quel est le point commun entre les films Casino Royale, Midnight Express, Christophe Colomb, Orca, Sinbad le Marin et Monte-Christo ? Tous ont été tournés à Malte. Bravo !
Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage. Et accéder à Gozo est un long voyage. Pas tellement par la durée mais plutôt par l'ambiance particulière qui y règne et étire le moindre jour à l'infini jusqu'à le rendre intemporel. Nul besoin désormais d'affronter les dieux et les peuplades étranges habitant le bassin méditerranéen.
Une demi-heure de ferry suffit au départ du port de Cirkewwa pour rejoindre l'île de Gozo. L’aventure n'est peut être plus tout à fait la même mais il se passe un petit quelque chose sur ce navire qui titille les sens et excite la curiosité. C'est peut-être le simple fait d'aborder l'île par bateau, les deux sont indissociables et la frustration est grande d'être arrivé à Malte par avion. A moins que ce ne soit l'Odyssée, ce récit épique composé par le poète grec Homère quelque 850 ans avant Jésus-Christ et qui depuis rime avec traversée. Le choc sourd de la coque contre la jetée ramène à la réalité. Voici le port de Mgarr avec ses luzzis colorés. Là-haut, le fort Chambray veille sur la rade. Il porte le nom d'un autre aventurier au long cours, celui d'un chevalier de l'Ordre de Malte connu pour avoir livré son premier combat naval à treize ans et arraisonné son premier bateau ennemi à dix-sept ! Autre temps, autre épopée maritime. A la sortie de la ville, une pancarte en bois indique la direction de la grotte de Calypso. Le mythe reprend l'avantage. Homère parle d'un paradis verdoyant peuplé d'oiseaux multicolores, planté de cyprès, de peupliers, de vignes généreuses. Rien de tout cela. La roche est nue, le trou béant et noir, livré aux courants d'air. Un gardien insiste pour louer à prix d'or ses bouts de chandelle à des visiteurs prévoyants équipés de lampes torches. Inutile. La réalité est là, cruelle. Il n'y a rien à voir à part la mer et le sable orange de la plage de Ramla. Moment de flottement parmi les mortels présents. Doit-on maudire la légende, réprimander son imagination toujours prompte à s'emballer ou compatir au sort d'Ulysse contraint et forcé de rester ici sept années durant ? plage de RamlaA défaut de se plonger avec délice dans les bras voluptueux de la belle Calypso, notre navigateur a bien dû trouver d'autres charmes à cette île pour passer le temps. En route donc ! La balade sur la plage voisine de Ramla apporte la première petite pincée de sel indispensable à toute envie de découverte. Ici, les embruns se mêlent aux senteurs du maquis. Une lumière extraordinaire baigne les eaux claires de la Méditerranée et les bleus du ciel et de la mer se confondent. Le charme opère tout doucement. Imperceptible, diffus, il est là dans l'air qui se distille dans l'âme de ceux qui prennent le temps de l'attendre, de le goûter, de l'apprivoiser. Certes, il faut accepter de ne plus courir, de ne pas tout voir, apprendre à se glisser au cœur de ces villages silencieux, comprendre que la sieste des Gozitains fait partie intégrante de leur art de vivre. Comment en pourrait-il être autrement ? En début d'après-midi, les rues sont livrées à la seule ardeur du soleil qui prend un malin plaisir à chauffer à blanc les maisons de calcaire. Et, si à Gozo les clochers des églises ont deux horloges marquant chacune une heure différente, ce n'est pas tant pour dérouter le diable que pour égarer le visiteur pressé... et trop pressant ! Ici, décidément, le temps à une autre valeur. Il faut le savoir et en prendre son parti. Quitte à rater le ferry du soir. Risque bien mince en vérité. Le dernier bateau quitte Gozo vers 4h30 du matin. Les hauts murs des temples de Ggantija se prêtent volontiers à l'exercice. Déclarés plus vieux monuments du monde par l'UNESCO, le site daterait de 7 000 ans avant notre ère et serait donc plus ancien encore que les pyramides d'Egypte. Le mystère qui entoure ce lieu est aussi épais que ses murs de pierres amoncelées. L'ordonnance des salles, la forme en feuille de trèfle, les vestiges d'autels, les inscriptions et spirales gravées dans la roche signalent à coup sûr un site religieux mais pour quels dieux ? Personne ne sait comment les mégalithes de plusieurs tonnes composant les temples ont été amenés jusqu'ici. Les formidables falaises de Ta'Cenc semblent bien avoir été les carrières d'origine. En témoignent les profonds sillons parallèles balafrant le plateau calcaire. Traces de chariots, de luges ? Les hypothèses foisonnent. Il est bien question d'une géante répondant au doux nom de Sunsana qui aurait porté les blocs sur ses épaules mais ce n'est qu'une légende. Et c'est bien là la seule certitude. Mystère de l'acheminement, mystère de l'édification, mystère des inscriptions… A Ggantija, l'imagination marche plus que les jambes. Les chevaliers de Malte sont moins cachottiers. Ils fortifient l'actuelle ville de Victoria au XVIe siècle afin de protéger les Gozitains des raids incessants des pirates.
Lors de votre voyage à Malte, ne pas oublier de faire un détour à Anchor Bay. C'est là, nichée dans un repli de la côte, qu'une poignée de maisons couleurs pastel et toute de guingois servi de décor au film de Popeye avec Robin Williams.
Vous pouvez marcher autour du village artificiel de pêcheurs de Sweethaven, une collection de maisons "délabrées" et de magasins en bois perché sur le cliffside du compartiment d'ancre.
La construction du village date de 1979, elle dura 7 mois et a nécessité des milliers de planches, huit tonnes de clous et plus de 7.000 litres de peinture. Plusieurs attractions autour du thème de Popeye attendent petits et grands : souffleur de verre, marionnettes, studio photo, etc...
La visite de l'endroit permettra au cinéphile averti de parfaire ses connaissances.
Devinette : quel est le point commun entre les films Casino Royale, Midnight Express, Christophe Colomb, Orca, Sinbad le Marin et Monte-Christo ?
Tous ont été tournés à Malte. Bravo !