|
L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem apparaît
ainsi vers 1113 lorsque le pape Pascal II approuve les statuts de
l'hospice, établissement voué à l'accueil des
pèlerins et aux soins des malades créé dès
1048 par un certain Gérard de Martigues. Dotée de
nombreux privilèges et placée sous la protection du
Saint-Siège, la confrérie des Hospitaliers de Saint-Jean
fonde de nombreux hôpitaux qui ne désemplissent pas
tant le confort et la qualité des soins sont alors uniques
pour l'époque. Bien dautres confréries vont
suivre. L'ordre du Temple est fondé en 1119 par les français
Hugues de Payns et Godefroi de Saint-Amour. L'ordre des Chevaliers
Teutoniques, destinés à accueillir les chevaliers
et pèlerins germaniques, est reconnu par le pape en 1199.
La fin des croisades et le retour de nombreux chevaliers chez eux
entraînent une insécurité croissante pour les
pèlerins. La vocation hospitalière des ordres va alors
se doubler d'une vocation militaire. En charge des principales forteresses
de la région, dont le fameux krak des Chevaliers, les Hospitaliers
s'illustrent sur tous les fronts. Leur courage et leur vaillance
ne pourront pourtant pas contenir très longtemps les troupes
de Saladin. Le 2 octobre 1187, Jérusalem retombe aux mains
des Musulmans. Environ un siècle plus tard, en 1291, la ville
de Saint-Jean d'Acre, dernier bastion catholique,
tombe à son tour. Les Hospitaliers, ne perdant pas espoir
de revenir
un jour en Terre sainte, décident de s'installer à
Chypre puis, en 1307, à Rhodes. Ils en seront chassés
en 1522 par les armées du sultan turc Soliman le Magnifique
sans avoir pu réaliser leur désir de reconquête.
La décision de Charles Quint de donner Malte aux Hospitaliers
met fin à huit années d'errance. Philippe Villiers
de l'Isle-Adam, grand maître de l'époque, installe
donc ses hommes à Birgu, l'actuelle Vittoriosa. Chypre et
Rhodes ont renforcé la vocation maritime de l'Ordre. A défaut
de battre les Ottomans sur terre, au moins tentera-t-il de les contenir
par voie de mer. Birgu est idéalement placée au creux
d'un bras de mer bien protégé. Les travaux de fortifications
commencent immédiatement. Les escarmouches avec les troupes
turques se multiplient. Entre 1540 et 1560, les Ottomans pillent
l'île de Gozo, enlèvent Tripoli et Djerba. Jean Parisot
de La Valette, élu grand maître en 1557, ne se fait
guère dillusions. Il sait que le sultan Soliman II
a décidé d'en finir avec Malte. Le 18 mai 1565, 160
galères portant 30 000 combattants à bord se présentent
au large des côtes. L'Ordre ne peut aligner que 9 000 hommes
et un petit millier de chevaliers.
La bataille est féroce et les Turcs s'emparent du fort Saint-Elme.
Chaque camp fait assaut de courage et de cruauté dans les
combats. Plusieurs fois, les chevaliers sont en passe d'être
submergés, se ressaisissent, refoulent les assaillants. Malte
ne sera sauvée que le 7 septembre grâce à l'arrivée
d'une flotte en provenance de Sicile. Les velléités
expansionnistes des Ottomans en Méditerranée connaissaient
ici leur épilogue. Le coup darrêt définitif
sera donné en 1571 avec la bataille navale de Lépante
qui voit la flotte du sultan envoyée par le fond.
Commence alors l'âge d'or des Hospitaliers. L'Ordre se fait
construire une capitale qui prend tout naturellement le nom de La
Valette. Forts, remparts, entrepôts, chantiers navals fleurissent
un peu partout sur Malte et Gozo. Les dons pleuvent et la puissance
de l'Ordre qui prend alors son nom d'Ordre de Malte suscite de nombreuses
vocations parmi la noblesse occidentale. La paix retrouvée
lui permet de se consacrer à nouveau aux soins et à
l'accueil des malades. Une " Grande Infirmerie " est bâtie
en 1575. Elle devient en quelques années le plus grand hôpital
européen avec plus de cinq cents lits individuels autour
desquels se pressent médecins et chirurgiens venus de toute
l'Europe. Une école, une bibliothèque, la pratique
pourtant interdite de la dissection permettent à la médecine
de faire d'énormes progrès. En revanche, la lutte
contre les infidèles se résumant désormais
à une guerre de " course ", les principes fondateurs
de l'Ordre -pauvreté, chasteté, obéissance,
soins aux malades, lutte contre les ennemis de la foi- se trouvent
rapidement mis à mal par l'afflux de richesses et l'oisiveté.
Les plus grands artistes tels que les peintres Le Caravage, Antoine
de Favray ou Mattia Preti sont mis à contribution pour décorer
églises, palais et appartements personnels.
Le déclin de l'Ordre de Malte intervient avec la Révolution
Française. Le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc
ne peut empêcher l'Assemblée nationale de voter le
décret du 30 juillet 1791 qui interdit les ordres de chevalerie.
Le 19 septembre 1792, tous les biens
de l'Ordre de Malte en France sont mis sous séquestre le
privant immédiatement de plus de la moitié de ses
revenus. En débarquant le 8 juin 1798, les soldats de Bonaparte,
en route pour lEgypte, chassent purement et simplement les
chevaliers de l'île. L'Ordre de Malte ne retrouvera une terre
d'accueil qu'en 1827 lorsque le pape Léon XII lui accorde
la propriété d'un couvent et d'une église
à Ferrare. Aujourd'hui installé à Rome, l'Ordre
est reconnu comme un état souverain, pouvant battre monnaie
(le scudo) et imprimer ses timbres-poste. Jouissant du privilège
unique d'extraterritorialité, l'Ordre souverain militaire
et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem dit de Rhodes et
de Malte entretient des échanges diplomatiques avec une soixantaine
de pays et compte environ 10 000 membres.
Sa vocation est désormais purement humanitaire.
Recontre avec les chevaliers
>>
site à
voir : Ordre
de Malte >>
|