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Tout commence il y a fort longtemps, au Néolithique. A cette
époque, soit 5 000 ans avant Jésus-Christ, une civilisation
apparaît sur l'île de Malte. D'après les vestiges
retrouvés dans la grotte de Ghar Dalam située près
du port de Marsaxlokk, les premiers habitants seraient venus de
Sicile. Cette époque est appelée " Skorba "
du nom de la localité sicilienne où furent trouvées
des poteries semblables à celles de Ghar Dalam.
Ces éleveurs et agriculteurs disparaissent vers 3 200 ans
avant notre ère, sans doute balayés par de nouveaux
arrivants, eux aussi venus de Sicile et possédant une culture
plus élaborée.
Leurs particularités : être bâtisseurs et enterrer
leurs morts collectivement comme le révèlent les tombes
de Zebbug, site qui donnera son nom à cette nouvelle ère,
et surtout l'étonnant hypogée de Hal Saflieni. Découvert
au début du XXe siècle près de la ville de
Paola, cette nécropole souterraine forme un vaste dédale
de salles, de passages étroits et d'escaliers sur trois étages
s'enfonçant à plus de dix mètres sous terre.
Plus de 7 000 personnes y auraient été enterrées.
La technique s'améliorant, les sites funéraires font
surface. Commence alors une époque remarquable et monumentale
dont il reste l'imposant temple de Ggantija, sur l'île de
Gozo, et ceux tout aussi impressionnants de Hagar Qim, Mnajdra et
Tarxien sur l'île de Malte. Ces ensembles de pierres de calcaire
gardent encore l'essentiel de leurs secrets. Personne ne sait et
ne peut expliquer comment ce peuple a pu tailler, transporter et
percer ces mégalithes de plusieurs tonnes. Déambuler
dans les temples de Mnajdra, de Hagar Qim et de Tarxien, les mieux
conservés, est tout simplement confondant. Les salles se
succèdent, la plupart en forme de feuille de trèfle.
Les hauts murs sont formés de blocs agencés avec minutie.
Pas de liant ni de ciment. Ici et là, portes et ouvertures
ont été creusées qui permettent de passer d'un
temple à l'autre. Sur les pierres, des signes, des spirales,
des frises dont la signification s'est évanouie au fil des
siècles.
Le culte honoré dans ces temples reste lui aussi bien mystérieux.
Seul indice, ces représentations de femme retrouvées
dans les temples d'Hagar Qim et de Tarxien qui semblent indiquer
un culte voué à la Déesse-Mère, symbole
de fertilité et de fécondité. Et puis, plus
rien. Cette civilisation de bâtisseurs disparaît sans
crier gare vers 2 500 ans avant Jésus-Christ.
Les temples sont laissés à l'abandon ou partiellement
réutilisés par une nouvelle population qui, si elle
maîtrise l'usage du bronze, ne possède visiblement
pas le génie créateur de ses prédécesseurs.
Le village préhistorique de Borg-in-Nadur est l'unique vestige
laissé par ces habitants.
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